Remarques concernant l’étude sur la rénovation énergétique des logements
Voici la transcription des débats du Comité permanent du l’environnement et du développement durable de la Chambre Communes
Merci, Madame la Présidente.
Je m’appelle Thomas Mueller et je suis président et chef de la direction du Conseil du bâtiment durable du Canada. Nous représentons 700 entreprises et travaillons avec des partenaires de l’industrie et de la main d’œuvre à travers le secteur canadien du bâtiment durable, un secteur qui, en 2024, a généré $ 81 milliards en PIB et soutenu plus d’un demi-million d’emplois.
Je vous remercie de me donner l’occasion de prendre la parole devant le Comité dans le cadre de son étude sur la rénovation écoénergétique des habitations.
Madame la Présidente, notre message central est le suivant : le Canada n’a pas seulement besoin de plus de logements. Il a besoin de logements plus performants. Des logements écoénergétiques, sains et résilients réduisent les coûts des services publics et contribuent à protéger la population canadienne.
Aujourd’hui, je me concentrerai sur les immeubles d’habitation, où vivent des millions de Canadiens, et sur la façon dont une meilleure performance est essentielle à l’abordabilité du logement à long terme.
Tous les projets de logement, qu’il s’agisse de nouvelles constructions ou de rénovations, doivent accorder la priorité à la qualité et à la performance. Selon les plus récentes données gouvernementales, la température moyenne au Canada pourrait augmenter de jusqu’à 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle.
Comme le montre l’augmentation du nombre de décès attribuables aux épisodes de chaleur extrême, les bâtiments doivent être améliorés afin de protéger la population canadienne dans un climat plus chaud et plus imprévisible.
Au-delà de la protection contre les changements climatiques, la performance des bâtiments a également une incidence sur le portefeuille des ménages. L’abordabilité du logement ne se limite pas au prix d’achat, au loyer ou aux versements hypothécaires. Elle comprend aussi les factures de services publics ainsi que les coûts de réparation et d’entretien. Ces dépenses s’additionnent : un récent sondage que nous avons commandé révèle que 60 % des Canadiens considèrent leur facture d’énergie comme un fardeau financier au moins modéré.
Pour améliorer la santé publique et réduire les coûts des services publics, il faut accorder la priorité au vaste parc immobilier existant du Canada. La rénovation de ces bâtiments sera essentielle pour répondre aux besoins de la population canadienne en matière de logements de qualité.
Pour réussir, nous devons cesser de considérer les bâtiments existants comme un fardeau financier et commencer à les voir comme des investissements à fort impact qui réduisent les dépenses d’exploitation, génèrent des économies sur les services publics, protègent les locataires et préservent les actifs immobiliers pendant des décennies.
Afin de répondre à l’urgence et de tirer parti des avantages des bâtiments à haute performance, nous formulons cinq recommandations.
Premièrement, le gouvernement devrait intégrer des exigences de performance énergétique à ses investissements dans le logement abordable et locatif, en reconnaissant que l’abordabilité comprend les dépenses mensuelles comme les services publics. Cette approche bénéficie d’un appui manifeste : 88 % des Canadiens souhaitent que des normes d’efficacité soient appliquées aux projets de logements abordables.
Deuxièmement, les politiques fédérales devraient soutenir des parcours de rénovation qui concordent avec les budgets d’immobilisations et les cycles de remplacement de l’équipement. Cette approche pragmatique permet aux propriétaires de réduire d’une manière plus abordable la consommation d’énergie et les émissions.
Troisièmement, nous recommandons un financement stable, prévisible et pluriannuel pour les rénovations. Les projets de bâtiment peuvent mettre des années à démarrer. Les courtes périodes d’admissibilité et les changements fréquents aux critères rendent la planification difficile et découragent les petites et moyennes entreprises de construction.
Quatrièmement, le gouvernement devrait offrir du financement accessible pour la rénovation écoénergétique des habitations, assorti d’approches cohérentes et reconnues pour mesurer et vérifier la performance des bâtiments. Des certifications crédibles délivrées par des tiers peuvent confirmer que la performance visée est atteinte et maintenue.
Enfin, nous recommandons une approche cohérente et pangouvernementale en matière de logement abordable. Cela signifie que les stratégies et les programmes nationaux devraient se renforcer mutuellement grâce à des exigences de performance cohérentes et cumulables, afin d’assurer une mise en œuvre plus simple, efficace et prévisible.
Madame la Présidente, la rénovation des habitations n’est pas seulement une stratégie climatique. C’est aussi une stratégie d’abordabilité, de santé, d’équité et de résilience. Le Canada a besoin de plus de logements, mais il a aussi besoin de logements sécuritaires, confortables et fonctionnels pour les décennies à venir.
Merci.
