Réaction du CBDCA à la mise à jour économique du printemps 2026
Les libéraux mobilisent les marchés de capitaux pour accroître la compétitivité et accélérer les projets de logement et d'infrastructure.
L'équipe de plaidoyer du CBDCA on mai 1, 2026
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Le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCA) accueille favorablement les éléments clés de la mise à jour économique du printemps 2026 du gouvernement fédéral, particulièrement les mesures visant à mobiliser les capitaux privés pour soutenir la croissance économique et la compétitivité mondiale du Canada, à reconnaître l’urgence d’améliorer l’offre de logements et à renforcer la main-d’œuvre spécialisée pour répondre à la demande en matière de logement.
À une époque où les pressions sur l’abordabilité demeurent élevées et où le Canada fait face à une concurrence mondiale croissante pour l’investissement et le talent, cette mise à jour envoie un signal important : la manière dont nous bâtissons importe tout autant que le volume de nos constructions.
Mobiliser les marchés de capitaux pour bâtir, décarboner et rivaliser
La mise à jour signale un virage clair vers l’utilisation des marchés de capitaux comme outil principal pour remédier à la pénurie de logements, au déficit d’infrastructure et aux changements climatiques au Canada. Elle reconnaît une réalité critique : le Canada ne pourra pas surmonter les défis actuels sans attirer beaucoup plus de capitaux privés. Le secteur du bâtiment durable a déjà reconnu cette réalité en cherchant des moyens de réduire les risques des projets, d’assurer la certitude des investissements et de renforcer la compétitivité mondiale du secteur immobilier canadien.
Confirmant la vision des outils de marché pour réduire les émissions, la stratégie climatique englobe désormais les crédits d’impôt à l’investissement (CII) et d’autres mécanismes financiers visant à créer un environnement plus favorable aux investisseurs. Alors que la performance devient primordiale, les CII spécifiques aux bâtiments visant à encourager les améliorations en matière de d’enveloppe du bâtiment, de performance énergétique ou d’émissions, ou des rénovations majeures pour accélérer la décarbonation dans l’un des secteurs les plus émetteurs au Canada.
Le CBDCA salue également l’engagement du gouvernement à faire progresser la finance durable, notamment la tenue prévue de la Conférence sur la finance durable pour aborder la taxonomie de la finance verte et de transition au Canada et pour intensifier la croissance propre dans l’ensemble de l’économie.

Des cadres de finance durable clairs et crédibles sont essentiels pour orienter les capitaux vers des résultats alignés sur le climat tout en mantenant la compétitivité. Pour le secteur du bâtiment, l’accès à un financement lié à des résultats de performance et d’atténuation des risques climatiques mesurables peut accélérer l’investissement dans :
- L’efficacité énergétique,
- L’électrification,
- Les matériaux bas carbone, et
- La résilience climatique.
Un écosystème de finance durable bien conçu peut aider à garantir que les investissements dans le logement et les infrastructures sont prêts pour l’avenir, résilients et alignés sur les objectifs à long terme du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques.
Notre demande :
Alors que le gouvernement mise sur les marchés de capitaux et les cadres de financement pour faire progresser les grands travaux, le CBDCA souhaiterait que les programmes de financement soient liés à des résultats de performance, notamment en ce qui concerne la consommation d’énergie, l’intensité des émissions et la résilience climatique. De plus, les outils de finance durable devraient être utilisés pour récompenser les bâtiments à haute performance, accélérant ainsi l’investissement privé. En veillant à ce que les programmes gouvernementaux tiennent compte de la performance et de la durabilité, le Canada pourra mieux progresser vers ses engagements climatiques — et renforcer sa compétitivité mondiale.
Consultez notre rapport Décarboner les grands bâtiments commerciaux du Canada pour obtenir le point de vue des propriétaires et des investisseurs :
L’offre en matière de logements : des progrès, mais un portrait incomplet
Le CBDCA reconnaît l’accent mis par la mise à jour économique du printemps sur le déblocage de l’offre de logements, notamment par des mesures visant à accélérer la construction, à améliorer la productivité et à tirer parti des terres fédérales. Cela comprend :
- 42 millions $ pour favoriser la construction de logements innovants et réactifs fabriqués en usine ;
- 7 milliards $ en prêts à faible coût pour accélérer la construction de logements locatifs.

L’augmentation de l’offre est essentielle pour remédier à la crise du logement, et la rapidité est un facteur clé. Toutefois, l’offre seule ne peut garantir une abordabilité durable. Pour véritablement réduire les coûts pour les Canadiens à long terme, les investissements dans le logement doivent être jumelés à une meilleure qualité de construction, incluant des normes plus élevées d’efficacité énergétique, de performance en matière d’émissions et de résilience climatique.
Trop souvent, l’abordabilité n’est envisagée qu’en fonction des coûts de construction initiaux. Or, pour les ménages, particulièrement les Canadiens à revenus faibles et modérés, les coûts d’exploitation — factures d’énergie, entretien et rénovations futures — sont tout aussi importants. Un logement construit rapidement, mais dont la performance est médiocre :
- Assujettit les propriétaires et les locataires dans des coûts de services publics élevés
- Expose les ménages à la volatilité des prix de l’énergie ;
- Nécessite des rénovations coûteuses pour répondre aux futures exigences climatiques.
Les bâtiments à haute performance réduisent systématiquement les coûts énergétiques mensuels, améliorent le confort et la santé, et protègent les propriétaires ainsi que les locataires contre les futurs risques liés aux prix, à la réglementation et au climat. Ces résultats démontrent que la véritable abordabilité est atteinte lorsque les logements sont efficaces, résilients et bâtis pour durer.
Notre demande :
Alors que le gouvernement fédéral continue de faire progresser l’offre de logements par l’entremise de Bâtir des maisons Canada, le CBDCA y voit une occasion de s’assurer que ces investissements :
- Intègrent des résultats de performance mesurables, et non seulement un nombre d’unités ;
- Encouragent cibles d’intensité énergétique et d’émissions pour les nouveaux logements et les vérifient ;
- Soutiennent une conception résiliente au climat qui réduit les coûts à long terme pour les secteurs public et privé.
Le gouvernement fédéral a l’occasion d’accélérer la construction de meilleurs bâtiments en veillant à ce que les incitatifs et l’accès au financement soient liés à des résultats de performance. À l’instar des exigences du programme APH Select de la SCHL, l’ajout d’exigences fondées sur la performance ne vise pas à alourdir la bureaucratie ou à ralentir les progrès : il s’agit de reconnaître les résultats concrets et de maximiser la valeur de chaque dollar public investi.
Investir dans la main-d’œuvre dont le Canada a besoin
Les recherches du CBDCA démontrent que le secteur du bâtiment durable au Canada génère 81 milliards $ en PIB et crée 500 000 emplois directs. Pourtant, le Canada ne dispose pas de la quantité de travailleurs spécialisés nécessaire pour répondre à l’ambition des objectifs du gouvernement en matière de logement, d’infrastructure et de climat. Par conséquent, nous appuyons fermement l’accent continu du gouvernement sur le recrutement, la formation et la rétention dans les métiers spécialisés.
Les professionnels des métiers sont en première ligne pour livrer :
- Des logements écoénergétiques ;
- Des rénovations de bâtiments ;
- L’électrification et des systèmes d’énergie propre ;
- Des infrastructures résilientes au climat.
Dans le cadre de cette mise à jour, le gouvernement a lancé Une Équipe Canada Forte, un programme conçu pour recruter, former et embaucher de 80 000 à 100 000 nouveaux travailleurs qualifiés Sceau rouge d’ici 2030-2031. Le programme vise à soutenir ceux qui poursuivent une formation professionnelle en réservant :
- 2 milliards $ pour aider les jeunes à débuter dans les métiers spécialisés grâce à des placements rémunérés menant à des apprentissages enregistrés ;
- Jusqu’à 10 000 $ par apprenti pour aider les petites et moyennes entreprises à embaucher, former et retenir des apprentis ;
- Une subvention à la formation d’apprentissage de 400 $ par semaine pendant la formation obligatoire.
Notre demande :
Le gouvernement fédéral devrait collaborer avec les provinces et les parties prenantes pour s’assurer que les programmes de main-d’œuvre soutiennent les méthodes de construction modernes, incluant l’efficacité énergétique, la préfabrication, les technologies et les matériaux à faible teneur en carbone. En harmonisant le développement de la main-d’œuvre et les compétences requises pour les bâtiments modernes à haute performance, le gouvernement peut garantir que les investissements publics et privés génèrent une valeur durable pour les Canadiens.
Consultez notre rapport Bâtir la prospérité pour plus d’informations sur la main-d’œuvre du bâtiment durable au Canada :
Bâtir pour l’avenir du Canada
La mise à jour économique du printemps 2026 marque une évolution importante de la politique fédérale, passant des dépenses directes à un leadership facilitant le marché. En accordant la priorité à l’atténuation des risques, à des normes plus claires et à la préparation aux investissements, le gouvernement crée les conditions nécessaires pour que les capitaux circulent à l’échelle requise afin de livrer plus de logements et d’infrastructures essentielles.
C’est également un signal clair envoyé au marché concernant la vision du gouvernement pour un Canada plus compétitif, fondé sur une économie plus verte et plus propre, et soutenu par la finance durable. Toutefois, pour réaliser pleinement ce potentiel, le financement du logement et des infrastructures doit être indissociable de la qualité, de l’efficacité et de la résilience des bâtiments. L’abordabilité et la compétitivité mondiale dépendent non seulement du déblocage des capitaux, mais aussi de la garantie que ces capitaux génèrent des résultats de haute performance liés à des rendements financiers.
Le Canada possède les outils, l’expertise et les capitaux nécessaires pour réaliser des projets qui sont abordables, alignés sur le climat et bâtis pour durer. Le CBDCA estime que les ambitions du gouvernement seraient mieux servies par une plus grande cohérence liant les initiatives de financement à des performances mesurables. La décarbonation et la résilience climatique sont des indicateurs de performance clés pour garantir que chaque investissement génère une valeur à long terme pour les Canadiens.