Le risque climatique est désormais au cœur du financement
Les institutions financières intègrent le risque climatique aux cadres de prêts, d’assurance et d’investissement
Personnel de CBDCA on avril 22, 2026
- Thème
- Résistance
La résilience climatique est désormais au cœur des façons de définir, de financer et de protéger la valeur immobilière. Pour les propriétaires et les promoteurs immobiliers, le risque climatique est aujourd’hui une considération financière essentielle qui a des incidences sur l’accès au capital, l’assurabilité et la valeur à long terme des actifs.
Dans les secteurs de la finance et de l’immobilier, la résilience climatique est considérée comme un risque mesurable dont le coût est pris en compte dans les décisions actuelles relatives à l’octroi de prêts, à la souscription d’assurance et à l’investissement. Ce changement est conduit par les autorités de régulation qui intègrent le risque climatique à la surveillance financière et établissent des attentes plus claires sur l’évaluation et la prise en compte des expositions physiques au climat par les prêteurs et les assureurs.
« Les décisions d’investissement et de financement sont de plus en plus examinées sous l’angle du risque climatique », a déclaré Thomas Mueller, président et chef de la direction du CBDCA, ajoutant que « la valeur est définie et la liquidité réévaluée du fait que les investisseurs, les prêteurs et les assureurs exigent des preuves claires de l’exposition aux risques physiques. »
Le capital évolue
Alors que les prêteurs répondent aux attentes de réglementation croissantes, le risque climatique est intégré directement dans les décisions de financement. On s’attend désormais à ce que les institutions financières démontrent comment elles évaluent et gèrent le risque climatique physique dans le cadre des exigences fondamentales de gouvernance des risques, de divulgation et de planification des investissements.
Cette évolution se traduit par un examen plus approfondi au niveau de l’actif. Les banques évaluent de plus en plus l’exposition à certains risques, comme l’inondation, la chaleur extrême et les phénomènes météorologiques extrêmes, ainsi que les incidences financières de ces risques. L’analyse de scénarios, les simulations de stress et la divulgation d’informations climatiques deviennent la norme.
Par conséquent, les décisions de prêt sont de plus en plus dictées par la clarté avec laquelle le profil de risque d’un actif peut être identifié, mesuré et géré. Les bâtiments qui présentent des vulnérabilités non traitées font face à des coûts d’emprunt plus élevés ou à un accès restreint au capital, tandis que les actifs résilients se positionnent comme des investissements à moindre risque.
La résilience climatique et le financement durable ont été au cœur des discussions du Sommet des affaires en bâtiment durable du CBDCA tenu un peu plus tôt cette année.
Intervenant au cours de l’événement, Colin Guldimann, directeur principal, Finance durable à la Banque Royale du Canada (RBC), a révélé que le risque est le facteur déterminant et souligné que « le risque est ce qui détermine la tarification pour les prêteurs ».
Abondant dans le même sens, un autre panéliste, Julian Smith, vice-président, Pratique du climat et de la décarbonation, chez JLL, a ajouté que « c’est le profil risque-rendement des actifs qui guidera la prise de décision ».

Les marchés de l’assurance se resserrent
Les marchés de l’assurance réagissent aux mêmes signaux de risque sous-jacents et ciblent davantage l’assurabilité au niveau de la propriété. L’augmentation de la fréquence et de la gravité des événements liés au climat amène les assureurs à actualiser leurs modèles afin de refléter plus fidèlement l’exposition actuelle et prévue aux risques climatiques.
Cela conduit à des décisions de souscription plus détaillées faisant suite à un examen plus minutieux des caractéristiques du bâtiment, des mesures d’atténuation et des tendances historiques des sinistres. Lorsque les risques sont élevés ou mal gérés, les assureurs réagissent en augmentant les primes, en resserrant les modalités de couverture ou en se retirant complètement de certains marchés.
« L’assurance coûte de plus en plus cher et il est parfois plus difficile de l’obtenir dans des domaines à haut risque. C’est pourquoi les stratégies de résilience sont essentielles, tant pour maintenir la couverture que pour préserver les options de financement », explique Thomas Mueller.
Par conséquent, l’assurabilité elle-même devient moins certaine et plus étroitement liée à une résilience démontrable.
Une autre intervenante de l’événement, Angela Adduci, conseillère principale, Institut pour le climat de BMO, attire l’attention sur le fait qu’il n’y a pas de prêt sans assurance. « Lorsque l’assurance devient moins accessible ou coûte plus cher, ce sont les prêteurs ou les emprunteurs qui en supportent les coûts. Nous sommes tous gagnants lorsqu’un actif est résilient face au climat », a-t-elle conclu.
LEED v5, un cadre pour évaluer le risque climatique et passer à l’action
LEED v5 offre un cadre structuré que les propriétaires et les promoteurs peuvent utiliser pour intégrer de manière cohérente la résilience climatique à la prise de décisions. Cette nouvelle version du système d’évaluation intègre des exigences d’évaluation du risque climatique, ainsi que des crédits axés sur la résilience, ce qui aide les équipes de projets à adopter une approche plus systématique à la planification de la résilience.
Le cadre aide les équipes de projets à évaluer les conditions climatiques actuelles et futures à l’aide de données crédibles; à identifier l’exposition aux risques posés par les inondations, la chaleur extrême, les feux de forêt et les conditions météorologiques extrêmes; et à traduire rapidement cette analyse en décisions de planification et de conception tout au long de l’aménagement du site, de la conception du bâtiment, de la sélection des matériaux et de la prise en compte d’éléments opérationnels.
La série de webinaires LEED v5 offerts à la demande par le CBDCA vous aidera à mieux comprendre comment appliquer LEED v5 et utiliser les stratégies de résilience climatique, notamment le webinaire Bâtir la résilience avec LEED v5, qui explore comment intégrer la résilience dans des stratégies plus larges d’affaires, de conformité et de gestion des risques.
