La décarbonation transforme le bâtiment durable au Canada
Une nouvelle analyse du marché confirme que le bâtiment durable et la décarbonation créent des emplois pour les Canadiens
Personnel du CBDCA on mars 31, 2026
- Thème
- Bâtiment durable
La décarbonation n’est plus un créneau dans l’économie du bâtiment au Canada. Elle s’impose désormais comme une stratégie de croissance. Un nouveau rapport du Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCA), réalisé en collaboration avec Delphi et financé par le programme Compétences futures du gouvernement du Canada, indique que les technologies liées aux énergies renouvelables comptent parmi les principaux moteurs de la croissance prévue de l’emploi et du PIB dans le secteur du bâtiment durable. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large vers des bâtiments à faibles émissions de carbone et à haute performance.
Les résultats sont présentés dans le rapport Bâtir la prosperité : Regard sur la main d’oeuvre verte du Canada. Le rapport montre que l’énergie propre et la performance des bâtiments constituent les principaux moteurs de croissance pour la prochaine phase du secteur. Il indique aussi que la capacité du Canada à tirer parti de cette croissance reposera moins sur l’ambition que sur la mise en œuvre. Cela suppose des politiques prévisibles, un financement stable ainsi que des processus plus rapides et plus clairs entre l’obtention des permis et la réalisation des projets.
« L’analyse de rentabilité est claire : les capitaux se dirigent de plus en plus vers des actifs axés sur la haute performance et la résilience des bâtiments », a déclaré Thomas Mueller, président et chef de la direction du CBDCA. « Si le Canada assure une prévisibilité des politiques à long terme et investit dans le développement des compétences et des technologies, le secteur du bâtiment durable pourra croître et générer d’importantes retombées économiques. »
Un marché déjà bien établi, en pleine évolution
Selon des estimations, le secteur du bâtiment durable soutient déjà plus de 500 000 emplois et contribue à environ 81 milliards $ au PIB direct au Canada.
Ce qui change aujourd’hui, c’est la source de cette croissance. Alors que les gouvernements, les services publics et les propriétaires d’immeubles intensifient leurs efforts pour réduire, la demande se transforme. Elle ne se limite plus à l’efficacité énergétique : elle englobe désormais les technologies liées aux énergies renouvelables et les capacités d’électrification nécessaires pour déployer à grande échelle des bâtiments à faibles émissions de carbone.
Concrètement, cela se traduit par une intensification des activités et des occasions dans la production d’énergie propre, l’électrification des bâtiments, ainsi que les projets de construction et de rénovations majeures de qualité, qui améliorent l’efficacité énergique énergie et la résilience.
La prévisibilité comme nouvel avantage concurrentiel
Le message du CBDCA aux gouvernements porte moins sur l’annonce de nouvelles cibles que sur la mise en place de conditions de réalisation fiables. Cet enjeu est particulièrement important pour mobiliser les capitaux privés et soutenir des portefeuilles de projets pouvant être déployés à grande échelle.
« Le secteur a besoin de politiques cohérentes et de sources de financement prévisibles pour faire progresser la décarbonation et planifier le développement des compétences », a déclaré Laurna Strikwerda, directrice, Développement de projets et recherche au CBDCA.
Sans orientations claires à long terme, le rapport souligne que les projets risquent de ralentir et que les coûts pourraient augmenter, ce qui complique la capacité des entreprises à investir dans l’équipement, l’embauche et la formation.
Des règles cohérentes, un financement stable et des processus plus rapides
Le rapport préconise une meilleure coordination entre les gouvernements et les acteurs du marché. Il insiste sur la nécessité d’harmoniser les codes du bâtiment, les processus d’autorisation et le financement afin de permettre aux projets de décarbonation de passer plus efficacement de la planification à la construction, avec moins de retards.
Si les défis liés à la main-d’œuvre demeurent importants, l’analyse montre que la planification est plus efficace lorsque les projets sont concrets et prévisibles. Les employeurs investissent davantage dans le développement des compétences lorsqu’ils ont une visibilité sur les projets à venir et que les cadres politiques et financiers offrent une stabilité propice aux décisions à long terme.
Alors que le Canada cherche à répondre aux pressions sur le logement tout en gérant les risques climatiques croissants, le rapport positionne le bâtiment durable comme bien plus qu’un simple effort environnemental : c’est aussi un levier économique. Les gains les plus rapides reviendront aux administrations publiques et aux marchés qui rendent la décarbonation attractive pour l’investissement, prévisible et réalisable.
Pourquoi est-ce important
La modélisation de scénarios montre que le Canada a déjà prouvé le potentiel réel du marché. Toutefois, la prochaine phase de croissance dépendra de sa capacité à déployer rapidement des projets de décarbonation hautement éconergétiques à grande échelle. Il existe un potentiel de gain considérable si les gouvernements et l’industrie parviennent à combiner des politiques prévisibles, des sources de financement stables et des initiatives de développement de la main-d’œuvre permettant aux personnes d’accéder à des carrières dans le bâtiment durable, d’y progresser et de s’y maintenir, les retombées pourraient être considérables. Selon le rapport, le secteur pourrait soutenir plus d’un million d’emplois verts d’ici 2030 et générer 150 milliards $ en PIB.
« Grâce à un meilleur alignement autour des trajectoires technologiques et une demande croissante en faveur des pratiques de construction durable, l’ampleur des retombées dépend désormais de la capacité collective du Canada à coordonner les réformes réglementaires, financières et liées à la main-d’œuvre », a déclaré Thomas Mueller.
Avec le financement du Gouvernement du Canada par l’intermédiaire de


