Rencontre avec Andrew McAllan

Lauréat de l’ensemble de ses réalisations en 2020

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Andrew McAllan reçoit le Prix pour l’ensemble d’une carrière du CBDCa en reconnaissance de ses décennies de dévouement à la mission du CBDCa

Le Conseil du bâtiment durable du Canada a récemment décerné son Prix pour l’ensemble d’une carrière à Andrew McAllan pour son dévouement envers le Conseil.

Andrew McAllan est un leader exceptionnel dans les milieux du bâtiment durable et de l’immobilier commercial depuis plus de 30 ans. Il a joué un rôle déterminant pour promouvoir le rôle du CBDCa dans ces industries. Il a été président du conseil d’administration du CBDCa national au sein duquel il a œuvré pendant six ans à la transformation majeure de l’organisme. Il a également fait partie du conseil consultatif de Global Real Estate Sustainability Benchmark (GRESB), et a été un membre actif du NAIOP, de REALPAC et de BOMA Canada. Andrew a aussi occupé plusieurs postes de direction et de cadres supérieurs chez Oxford Properties. Il a supervisé toutes les activités de location, de gestion et d’exploitation du portefeuille immobilier canadien d’Oxford, qui comprend quelque 50 millions de pieds carrés de bureaux, de commerces de détail, d’immeubles résidentiels à logements multiples, d’installations industrielles et d’hôtels.

Le CBDCa s’est entretenu avec Andrew pour discuter de sa carrière dans le cadre de cette édition spéciale de la série Demandez à l’expert.

Andrew McAllan
Prix pour l’ensemble d’une carrière

Racontez-nous comment vous en êtes venu à vous impliquer dans la durabilité et dites-nous quel est votre rôle en ce domaine aujourd’hui.

J’avais sept ans, au décès de mon grand-père, lorsque j’ai pris conscience pour la première fois de l’interdépendance entre les êtres humains et leur environnement. Mon grand-père est décédé pendant un grave épisode de smog qui a touché Londres, en raison de l’utilisation du charbon brut pour le chauffage de la plupart des maisons et comme source de production d’électricité dans de nombreuses usines et pour alimenter les trains. Le nombre de morts et l’impact économique des fermetures d’entreprises ont été tels qu’il y a eu un changement important et rapide dans la politique publique. Nous avons converti au gaz naturel « à combustion propre » (comme on le disait), les usines et les centrales électriques. J’ai constaté une cause et un effet immédiats et j’ai réalisé plus tard que c’est à ce moment-là qu’est née ma conscience de la durabilité.

Peu après mon arrivée au Canada, au début des années 1970, et après avoir entrepris ma carrière dans l’immobilier commercial, j’ai eu la chance de rencontrer le célèbre architecte Ron Thom qui intégrait déjà à ses bâtiments une lumière naturelle abondante, la récupération de la chaleur, la circulation de l’air frais, l’utilisation des eaux grises à des fins d’irrigation des aménagements paysagers naturels, l’éclairage direct et le stockage thermique. Cet architecte a démontré que la durabilité et l’investissement immobilier pouvaient aller de pair.

Qu’est-ce qui vous a incité à faire du bénévolat au CBDCa et pourquoi avez-vous apporté votre soutien à l’organisation?

Il y a dix ans, je cherchais à redonner à une industrie (l’investissement immobilier et la gestion immobilière) et à un pays qui m’avaient donné l’occasion de développer mes compétences et de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille pendant 30 ans. Le CBDCa représentait la combinaison parfaite de mon expérience et de mes compétences professionnelles et de mon engagement envers la durabilité. Il me permettait de redonner.

En réfléchissant à votre expérience des bâtiments durables, y a-t-il un projet dont vous êtes le plus fier et si oui, pourquoi?

Je suis fier du rôle que j’ai joué, comme bien d’autres, dans l’adoption de la norme LEED (tant pour les nouvelles constructions que pour les bâtiments existants) dans le segment des immeubles de bureaux du Canada. Le taux d’adoption pour les nouvelles constructions y dépasse celui de la plupart des autres pays, sinon de tous. Je suis surtout fier de mon rôle dans la création de la Norme du bâtiment à carbone zéro du CBDCa, une première mondiale. Cette norme répond au besoin d’une certification rigoureusement vérifiée qui porte sur la principale question liée à la durabilité dans l’immobilier commercial, le carbone de tout le cycle de vie. C’est une solution purement canadienne, une première dans la famille mondiale des Conseils du bâtiment durable. Elle a été développée par une équipe multidisciplinaire en réponse à une demande émergente du marché. Cette norme façonne l’avenir des bâtiments au Canada et réduit les émissions de carbone. Ses avantages se feront sentir pendant les décennies à venir.

Le carbone et l’habitabilité sont deux tendances que nous voyons apparaître – comment les voyez-vous se déployer?

Le carbone, et plus particulièrement la nécessité de réduire considérablement les émissions, continuera de poser un défi pour l’industrie et le pays. La crise persistante de la COVID-19 nous rappelle que l’habitabilité (dans sa forme la plus simple … la survie) sera confrontée à des défis imprévus. Le changement climatique fait toutefois partie des défis prévisibles. Au cours des 45 dernières années, j’ai vu de mes propres yeux les effets du changement climatique, qu’il s’agisse de l’érosion glaciaire importante en Colombie-Britannique et en Alberta, de la saison de patinage extérieur écourtée d’un mois, de la prolifération d’algues beaucoup plus fréquente sur le lac, de la sécheresse ou des feux de forêt. Le changement climatique mondial s’effectue à une vitesse stupéfiante et c’est un fait incontestable.

Quels autres défis ou opportunités entrevoyez-vous pour l’industrie dans les 10 prochaines années?

Le défi le plus important et le plus pressant est d’opérer un changement significatif à grande échelle dans le portefeuille des bâtiments existants. Des bâtiments qui n’ont pas été rénovés ni modernisés; qui continuent d’utiliser des systèmes de chauffage inefficaces, à forte intensité carbonique; dont les enveloppes ne sont pas étanches; dont les lumières de garage sont allumées en tout temps; dont les systèmes de CVCA sont tout à fait inefficaces, etc. On trouve des propriétés de ce genre à la grandeur du pays. Il est important de les rénover.

Le CBDCa vous a récemment décerné le Prix pour l’ensemble d’une carrière dans le cadre de la remise de ses Prix du Leadership et des Prix d’excellence en bâtiment durable. Que signifie cet honneur pour vous?

J’ai été flatté, car je connais les autres personnes qui ont été reconnues par ce prix dans le passé. Je suis reconnaissant d’avoir eu l’occasion de participer au CBDCa, d’avoir rencontré tant de personnes talentueuses, engagées et innovantes des quatre coins du pays, d’avoir été témoin de la différence que l’on peut faire et des résultats que l’on peut obtenir.

Quel conseil donneriez-vous aux professionnels du bâtiment durable qui désirent faire leur marque dans cette industrie?

Si vous n’êtes pas encore membre du CBDCa, devenez-le. Si vous n’êtes pas encore agréé comme professionnel LEED, entamez la procédure d’agrément. Soyez actif au sein de votre section régionale, faites partie d’un comité. Soyez actif dans votre milieu d’enseignement ou de travail et joignez-vous à l’équipe de la durabilité ou, s’il n’y en a pas, créez-en une. Vous pouvez assister aux activités virtuelles du CBDCa, surveiller les médias sociaux et afficher un message ou un commentaire sur le bâtiment durable.

Soyez courageux et imaginatif dans la préparation des justifications économiques des projets. Les coûts de l’énergie augmenteront, tout comme le coût du carbone, tandis que les utilisateurs finaux des bâtiments ne sont pas toujours prêts à payer une prime à la durabilité (bien que de plus en plus de personnes devront le faire). Au minimum, la durabilité offre un avantage concurrentiel, comme le démontre le fait que les propriétés certifiées LEED se louent plus facilement que les propriétés qui ne le sont pas. Cela se traduit par un avantage économique, ce qui fait partie du rendement du capital investi et qui peut faire la différence entre aller de l’avant avec un projet durable ou non.