Le Défi Divulgation du CBDCA braque les projecteurs sur les données

Les conclusions d’une étude appuient l’appel à se concentrer sur les données des bâtiments dans la Stratégie canadienne pour les bâtiments verts

Theme
Analyse comparative

Le 26 octobre 2022 – Ottawa (Ont.) – Le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCA) publie les dernières données de son Défi Divulgation et renouvelle son appel à une approche nationale en matière d’analyse comparative et de divulgation des données.

Couverture de Divulgation Complète
Couverture de Divulgation Complète

Le nouveau rapport, intitulé Divulgation Complète – Le leadership climatique de l’immobilier en action, souligne comment la transparence des données, l’analyse comparative et l’étiquetage des bâtiments doivent devenir une pratique standard dans l’exploitation des bâtiments. L’accès à des données précises et normalisées sur les bâtiments peut faciliter la découverte de voies viables vers l’efficacité énergétique et l’exploitation sobre en carbone de tous les types de bâtiments.

Lancé en 2019, le Défi Divulgation invitait des chefs de file de l’immobilier à divulguer publiquement la performance de leurs portefeuilles immobiliers, notamment les données disponibles sur la consommation d’énergie, les émissions de GES et l’utilisation de l’eau. Les Défi a été lancé avec Concert Properties Ltd., Colliers, le Minto Group, QuadReal Property Group et Triovest. et s’est ensuite élargi pour inclure Brookfield Properties, la Ville d’Ottawa, Golden Properties, Hudson Pacific Properties, Kingsett Capital, LaSalle Investment Management et SHAPE Properties. Ensemble, ces organisations ont divulgué les données de plus de 900 bâtiments totalisant 17 millions de mètres carrés de surface de plancher.

L’accès à des données fiables peut sensibiliser davantage aux réductions de carbone, permettre de mesurer les résultats des rénovations et contribuer à orienter les politiques et les programmes d’aide à la décarbonation des bâtiments du Canada – y compris la Stratégie canadienne pour les bâtiments verts du gouvernement fédéral. L’idée n’est pas nouvelle – des rapports de la Chambre des Communes et du Sénat recommandaient en 2018 que les activités d’analyse comparative et de divulgation des données soient réglementées à l’échelle nationale.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont déjà adopté des lois qui rendent obligatoire la collecte des données du bâtiment, comme c’est le cas de la Building Energy Efficiency Disclosure Act 2010 de l’Australie. Les modes de collecte des données et d’étiquetage des bâtiments diffèrent, mais les programmes mettent en lumière les données nécessaires pour favoriser des améliorations significatives à l’efficacité énergétique et à l’empreinte carbone des bâtiments.

Conclusions du rapport

Comprenant les données sur trois ans, y compris l’année 2020 alors que la pandémie mondiale de COVID-19 a eu des incidences directes sur l’occupation des bâtiments, le Défi a permis aux propriétaires immobiliers de cerner les tendances et de recueillir de l’information sur la consommation d’énergie dans les édifices de bureaux et les immeubles résidentiels à logements multiples, en plus de documenter l’amélioration des valeurs de l’intensité carbone de l’énergie pour les bâtiments de l’Alberta. De plus, le Défi a démontré qu’il était possible d’adopter une approche fondée sur la divulgation et le partage des données pour les gestionnaires immobiliers publics et privés dans toutes les provinces et les territoires du Canada.

Des obstacles subsistent toutefois, en particulier pour certains types de bâtiments. Par exemple, il s’est avéré plus difficile d’avoir accès à des données complètes sur la performance de bâtiments industriels, d’entrepôts et d’immeubles à commerces de détail. Cela peut être dû à diverses raisons : les locataires paient eux-mêmes leurs factures de services publics; un seul compteur mesure la consommation d’énergie distribuée à plusieurs bâtiments d’un campus; ou encore un manque de connexions directes entre les fournisseurs des services publics et les systèmes de gestion des données. Pour réaliser pleinement les avantages de la collecte et du suivi des données, il sera essentiel de trouver une solution qui favorise une meilleure collecte de données pour les bâtiments dans leur ensemble et pour tous les types de bâtiments.

Pour la suite des choses

La transparence accrue des données aidera le secteur du bâtiment à identifier les bâtiments qui ont besoin de rénovations carboneutres et permettra de faire des choix plus éclairés quant à l’investissement financier des rénovations. S’appuyant sur des données, le boom de l’activité de rénovations profondes de décarbonation stimulera l’innovation dans le secteur, créera des emplois et laissera aux générations futures de meilleurs bâtiments pour les personnes et la planète.

L’accès aux données permettra également aux sociétés d’immobilier commercial de s’évaluer plus facilement par rapport à leurs cibles de carboneutralité et à leurs objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Toutefois, ces sociétés auront besoin de données sur les bâtiments qui soient normalisées, fiables et faciles d’accès, y compris (mais sans s’y limiter) sur la consommation d’eau et d’énergie, la gestion des déchets et les émissions de GES.

Les décideurs ont également un rôle à jouer. L’accès aux données des bâtiments peut orienter leurs efforts d’élaboration de programmes qui soutiennent des mesures pratiques de réduction du carbone. Le CBDCA a d’ailleurs demandé au gouvernement d’appuyer la mise en œuvre de systèmes normalisés d’analyse comparative de l’énergie, de divulgation des données et de cotation de bâtiments dans l’ensemble des provinces et territoires ou de fournir un système national auquel ils pourraient se joindre. Cette stratégie pourrait rapidement être mise en place avec des outils comme Arc Skoru, une plateforme sur la performance des bâtiments reconnue partout dans le monde.

À ce jour, seul l’Ontario exige la déclaration publique des données sur l’énergie des bâtiments. Toutefois, les villes d’Edmonton, Winnipeg, Montréal et Ottawa ainsi que la province de la Nouvelle-Écosse ont élaboré des approches volontaires aux données sur l’ensemble d’un bâtiment et travaillent activement à l’élaboration de programmes ou de plans d’analyse comparative.