Demandez à l’éxpert : Paulina Czajkowski

Un pionnier zéro carbone

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Animée par une passion pour la durabilité, Paulina Czajkowski compte plus de dix ans d’expérience dans la collaboration avec des ingénieurs, des architectes et des propriétaires de bâtiments pour la conception, la construction et l’exploitation de bâtiments durables à haute performance.

S’intéressant notamment aux bâtiments à carbone zéro, aux cadres de réalisation des bâtiments durables et à l’analyse comparative, Paulina a fait partie de l’équipe de projet d’evolv1, le premier projet certifié Bâtiment à carbone zéro – Design au Canada en vertu de la Norme du bâtiment à carbone zéro du CBDCa. Paulina nous fait part de ses réflexions sur l’évolution du marché du bâtiment sobre en carbone depuis le lancement de la Norme.

Parlez-nous de votre carrière et dites-nous comment vous en êtes venue à vous impliquer dans le domaine de la durabilité.

J’ai toujours été attirée par le concept du développement durable. Ma mère est architecte et mon père est ingénieur. On peut donc dire que « c’est de famille », mais j’évolue selon mon propre champ d’intérêt. Peu après la fin de mes études en génie, je me suis jointe au bureau de Stantec où j’ai eu l’occasion de transformer ma passion en carrière. Plus de dix ans plus tard, je n’ai jamais remis mon parcours en question.

Vous avez participé à evolv1, le premier projet certifié en vertu de la Norme du bâtiment à carbone zéro du CBDCa au Canada. Comment était-ce de participer à ce projet et comment l’industrie a-t-elle évolué depuis lors?

C’était vraiment une expérience extraordinaire de faire partie de l’équipe d’evolv1. Ce projet était un pionnier et il a démontré qu’il était possible de réaliser un bâtiment à carbone zéro économiquement viable. Le changement que j’observe depuis lors, c’est que le marché s’intéresse de plus en plus aux bâtiments à carbone zéro.

Le CBDCa vient tout juste de lancer la Norme du bâtiment à carbone zéro v2, qui accorde une plus grande importance au carbone intrinsèque et aux réfrigérants, qui encourage l’innovation et qui offre plus d’options d’efficacité énergétique pour différentes stratégies de conception. Quels sont, selon vous, certains des principaux points forts de cette nouvelle version de la Norme?

Je me réjouis de voir que la Norme adopte maintenant une approche plus holistique à l’empreinte carbone d’un bâtiment. En plus des émissions associées à la consommation d’énergie pendant l’exploitation, la Norme tient maintenant compte du carbone intrinsèque et des émissions fugitives (les fuites de réfrigérants). Ces mesures inciteront les propriétaires des bâtiments et les équipes de projets à considérer le choix de matériaux et de réfrigérants ayant un plus faible impact et un potentiel de réchauffement climatique de zéro.

À votre avis, quel rôle joueront les pratiques du bâtiment à faibles émissions de carbone dans l’avenir de l’industrie du bâtiment durable?

Compte tenu de l’urgence qu’il y a à prendre des mesures contre le changement climatique et à atteindre nos objectifs nationaux de réduction des émissions, nous devrons continuer à décarboniser notre parc immobilier. Je pense que les pratiques du bâtiment à faibles émissions de carbone continueront de dominer l’industrie du bâtiment durable.

Quelles sont les meilleures pratiques et stratégies que vous avez observées pour réduire les émissions lors de la conception et de la construction?

Chaque projet de bâtiment est unique et a ses propres contraintes matérielles et financières. La réponse à cette question varie donc. Les approches à la conception varient aussi d’une région à l’autre, selon divers facteurs, comme les conditions climatiques et l’intensité et les coûts des émissions des réseaux d’électricité locaux. Toutefois, l’intégration de stratégies passives est un principe universel de la conception durable et sobre en carbone. Ces stratégies jouent également un rôle important lorsque nous commençons à examiner la résilience d’un bâtiment.

D’après vous, où en sera l’industrie du bâtiment durable d’ici cinq à dix ans?

Je pense que nous verrons un plus grand accent sur la décarbonation des bâtiments existants et un développement continu des technologies, produits et matériaux de construction qui feront baisser le coût des bâtiments durables sobres en carbone.