Demandez à l’expert : Tom Kolbasenko, architecte écologique et membre de notre groupe de formateurs, parle de l’importance de parfaire continuellement ses connaissances en bâtiment durable

Il n’est pas étonnant de constater que les intervenants de l’industrie du bâtiment durable sont généralement des professionnels spécialisés qui prennent leur formation très au sérieux. Malgré cela, il est parfois difficile de demeurer à jour dans un secteur en constante évolution.

C’est là qu’intervient Tom Kolbasenko, architecte de la firme Our Cool Blue Architects Inc. et membre du groupe de formateurs LEED du CBDCa. Il est tellement convaincu de l’importance de la formation continue qu’il enseigne quatre cours, y compris le nouveau cours préparatoire à l’examen LEED CB+B du CBDCa, qui aide les étudiants à obtenir un titre de professionnel agréé LEED de spécialité et à améliorer leurs connaissances sur LEED pour les nouvelles constructions.

Nous nous sommes entretenus avec Tom Kolbasenko sur ce nouveau cours C+CB, sur les valeurs et le mérite des cours du CBDCa et sur les besoins les plus immédiats auxquels l’industrie du bâtiment durable devrait répondre.

1. Parlez-nous un peu de vous et de votre parcours.

Tom Kolbasenko

Depuis 2007, je gère et je supervise l’atelier de design de notre bureau Our Cool Blue Architects Inc., et j’ai conçu une grande diversité de bâtiments « verts », dont plusieurs projets institutionnels LEED et de nombreux bâtiments construits en ballots de paille qui utilisent l’énergie solaire passive. Je suis également un consultant LEED auquel plusieurs bureaux d’architectes, d’importants promoteurs et de grandes sociétés font appel. Auparavant, j’ai occupé le poste de directeur de la conception durable chez Young+Wright Architects et j’ai participé à la rédaction des lignes directrices en matière de bâtiment durable pour le réaménagement de Regent Park, un projet de revitalisation d’une collectivité durable qui s’étend sur 28 hectares à Toronto. J’enseigne également à l’Université Ryerson à temps partiel et j’ai déjà enseigné à l’Université de Waterloo.

2. Vous donnez plusieurs cours pour le CBDCa – qu’avez-vous appris de ces expériences et des étudiants qui y ont participé?

C’est toujours très intéressant de donner ces cours et bien que le contenu soit le même, le profil des étudiants varie considérablement d’un cours à l’autre et les résultats sont toujours différents.

J’ai appris au fil des ans que la façon la plus efficace de présenter une description complète du système d’évaluation LEED est d’illustrer chaque crédit à l’aide d’un exemple concret tiré de l’un de nos projets. C’est une stratégie efficace pour aborder ce qui peut sembler un ensemble complexe d’exigences (particulièrement pour les personnes qui ne connaissent pas le programme LEED) et pour examiner comment on a pu concrètement les satisfaire. J’aime aussi beaucoup attirer l’attention sur les expériences des participants et j’utilise leurs propres exemples pour expliquer un peu plus à fond certains crédits. Cette approche pédagogique maintient l’intérêt et amène les étudiants à participer plus activement au cours. 

3. Pourquoi selon vous la formation LEED est-elle si importante pour les professionnels du bâtiment durable et ceux qui espèrent élargir leurs activités en ce domaine?

La famille des systèmes d’évaluation LEED offre un cadre très exhaustif à la durabilité et porte sur tous les points importants du bâtiment durable. LEED se distingue des autres systèmes d’évaluation de bâtiments durables par sa rigueur et par la vérification de tous les documents soumis par une tierce partie – non seulement à l’étape de la conception, mais tout au long de la construction (et parfois même au-delà dans certains systèmes). LEED est également un système qui évolue et qui s’améliore sans cesse. Pour demeurer à jour, les professionnels du bâtiment durable doivent constamment parfaire leurs connaissances et renforcer leurs compétences.

4. Quels sont les grandes lignes du nouveau cours C+CB que vous donnez?   

L’examen, le titre et le cours de préparation à l’examen LEED C+CB vont beaucoup plus loin qu’une simple connaissance de base de LEED NC. La spécialité C+CB exige une connaissance approfondie du système d’évaluation LEED NC, mais aussi de LEED for Schools (LEED pour les écoles) et LEED pour le noyau et l’enveloppe. L’avantage de suivre le cours C+CB est que les participants y acquièrent une très bonne connaissance des trois systèmes d’évaluation et qu’ils comprennent les différences subtiles entre eux.

5. À votre avis, dans quelle direction le mouvement du bâtiment durable s’en va-t-il au Canada?

On constate beaucoup de progrès dans le domaine du bâtiment durable : certaines autorités locales et régionales rendent la certification LEED obligatoire pour les édifices publics; le Code du bâtiment de l’Ontario hausse les exigences en matière d’efficacité énergétique; et certaines municipalités, comme la ville de Toronto, exigent que tous les nouveaux immeubles d’importance soient conçus selon des normes écologiques. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs de neutralité en carbone établis par le Défi 2030.

Le plus grand défi auquel nous sommes confrontés ne porte pas sur la construction des nouveaux bâtiments selon les normes LEED, mais plutôt sur la rénovation et la modernisation du parc immobilier existant. Notre principal souci devrait être de verdir nos bâtiments existants, car c’est là que l’on peut réaliser les gains éconergétiques les plus importants et entraîner les plus grandes réductions des émissions de gaz à effet de serre.

En ce qui a trait à l’avenir à plus long terme des bâtiments durables, je crois que des initiatives comme le Défi du bâtiment vivant ont déjà établi un paradigme de ce à quoi devront ressembler les nouveaux bâtiments et les bâtiments rénovés. Dans notre propre travail, nous nous efforçons d’aller au-delà de la conception durable et de LEED et d’adopter des solutions qui favorisent la restauration et la régénération. Ce sera le principal défi de la prochaine génération de professionnels du design, mais pour l’instant nous devons surtout nous préoccuper de devenir « durable », dans le sens littéral du mot.